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SUR LA ROUTE
Pépite du salon du livre de Montreuil 2016

La voiture démarre, tourne et s’élance : le voyage commence !

Pour le petit voyageur,
la route est longue.
Elle s’étire ou se contracte
au gré des moments.
Elle est le théâtre
d’événements singuliers
et de petits détails.
Elle est surtout
promesse de beaux jours.
Tout au long du livre,
la destination est mystérieuse
avant de se révéler
à la dernière page
car c’est le voyage en lui-même
qui fascine et amuse.
Camions, autoroutes et tunnels,
nous voilà?!
semble dire la petite auto rouge.

editions Esperluète
paru en avril 2016
18€ - 22x30 cm - 24 pages
isbn 978-2-35984-066-7


Télérama enfant-juin 2016

L'AVIS DE RICOCHET
Prendre la route, quelle aventure ! C’est à cet émerveillement que nous convie l’album de Céline Delabre Sur la route. Le texte annonce très simplement :

"Nous prenons la route au petit matin.
Pour nous mettre au vert,
pour aller voir la mer,
pour aller voir ailleurs."

Et fidèle à cette déclaration d’intention, la petite voiture rouge parcourt routes, autoroutes et chemins jusqu’à LA MER. Les pages offrent de belles occasions d’observation. On voit des maisons, des églises, des forêts, des ponts ou viaducs et, entre tous ces éléments dispersés, les ondulations de la route où semblent glisser voitures et camions.
Entre jeu de labyrinthe et imagier, cet album organise le voyage comme une invitation à confronter ce qui défile par la fenêtre et ce qui est représenté sur la page et que l’on a envie de suivre avec un doigt. Les moyens techniques (crayon, découpage, gravure), les couleurs contrastées et les formes simples dessinent des paysages familiers, accueillants, tour à tour apaisés ou escarpés. Le texte contribue à la poésie de l’ensemble. Des jeux de mots soulignent le mouvement de la route, la construction de l’espace. Une belle façon de faire passer l’ennui qui gagne souvent les passagers et une promenade dans des paysages imaginaires.
Danielle Bertrand

"Sur la route est un album lent et expérimental qui met des mots et des images sur les sensations qu'on a lorsqu'on est enfant et que l'on part en vacances en voiture.
C'est long, on compte les éoliennes, on contemple, avec un regard flottant, le paysage qui défile, on s'ennuie, ça tourne, ça freine, ça tourne, ça monte et ça descend.
La route devant et derrière ressemble à un ruban…
Les gravures colorées, dépouillées, efficaces de l'illustratrice strasbourgeoise Céline Delabre invitent au voyage."
Laurence Gillot.

Le doux bercement des courbes
" Sur la route évoque à la première personne du pluriel le trajet en voiture d’une famille qui part en vacances. Des membres de cette famille, nous ne savons rien et nous ignorons à quoi ils ressemblent. L’accent est mis sur la voiture rouge qui sillonne les différents paysages.
Cet album, que l’on peut classer dans la catégorie destinée aux tout petits et qui est présenté dans un format à l’italienne (c’est-à-dire plus large que haut), invite le jeune lecteur à apparenter la lecture à une aventure puisqu’il permet une organisation horizontale des images qui accentue la vision panoramique des paysages mis en avant. Ceux-ci s’étendent en pleine page à fond perdu et tranchent avec les minuscules voitures, relevant d’un style légèrement naïf.
Céline Delabre nous donne à voir une réalisation harmonieuse utilisant des teintes prononcées et lumineuses, qui jouent un rôle central dans l’expression. Son style figuratif et quelque peu caricatural dépeint uniquement des paysages aux nombreuses courbes avec des traits réguliers sans contour noir. La simplicité et la spontanéité du trait sont renforcées par les fonds blancs et verts.
L’album est présenté en pages cartonnées de même épaisseur, sans couverture plus rigide, ce qui permet une tourne des pages rapide et marquée ; la continuité narrative est assurée par l’alternance de pages isolées et doubles nous montrant les différentes étapes du trajet en voiture, comme un travelling au cinéma.
Le texte ayant une place restreinte sur l’espace des pages, il donne la part belle aux images et permet de maintenir un rythme de lecture équilibré entre l’image et le texte. Ce dernier est inséré dans les dessins sur un même fond (au-dessus ou en dessous, généralement), dans un espace non porteur de sens, ce qui accentue la fluidité de la lecture. Les courtes phrases qui constituent l’histoire sont caractérisées par le rythme et la musicalité propres aux comptines.
Sur la route est un album doux et harmonieux, qu’il fait bon de lire aux tout petits que nous aimons.
Séverine RADOUX.

« La voiture démarre, tourne et s’élance: le voyage commence! » Voilà ce qu’on lit au dos du livre. Sur la couverture veloutée, on aperçoit que sur la route qui serpente en suivant le lit d’une rivière et les courbes de collines verdoyantes, de petites autos rouges et jaunes circulent. Dans le ciel, un nuage glisse juste au dessus du titre.
Le format de l’album, la qualité d’impression et le soin apporté au choix du grain du papier raviront les plus jeunes comme les moins jeunes lecteurs. Cette qualité est une spécialité des éditions Esperluète.
Comme son titre l’indique, cet album est une invitation au voyage. Voyage de vacances, voyage de la vie qui nous fait tous partir « au petit matin » et nous emmène au delà des routes sinueuses pas toujours faciles à suivre. Voyage jonché d’étapes surprenantes, d’espoirs, de découvertes, d’attentes.
Voyager implique qu’on quitte un endroit pour un autre, qu’on abandonne des habitudes pour d’autres. « Sur la route » évoque et répond aux petites peurs de ceux qui partent en
Les illustrations faites de papiers découpés marient admirablement les fines textures attribuées aux feuillages des arbres, au bitume de la route, aux nuages, aux autres voitures sur cette longue et amusante route aux couleurs pures.
Les phrases légères ne fonctionnent jamais comme de simples légendes qui tenteraient d’expliquer les images. Non, on lit les images, on regarde les phrases. On admire les paysages, le temps qui passe et repasse, on s’amuse. La dernière page est une merveilleuse surprise à laquelle le voyageur aspire comme à une récompense.
Pourquoi ce livre dans une chronique pour une revue qui s’intéresse à la poésie? N’est-ce pas là un livre qui s’adresse aux enfants? Oui évidemment. J’aime lire ce qui s’adresse aux enfants car je suis une enfant. Je suis aussi persuadée que la poésie elle-même est une enfant. Elle joue, elle transgresse, elle rit, elle est palpitante et jette des regards interrogateurs. Pourquoi ne m’intéresserais-je qu’aux choses sérieuses qu’on s’adresse entre adultes? Parce qu’il est des plaisirs simples, directs, immédiats, sans arrières pensées et qui ne nous détournent pas de nous-même.
Il est un plaisir qui se partage particulièrement bien même avec les enfants les plus jeunes, avec les enfants que nous sommes peut-être restés, c’est celui des mots, des images et de leurs lectures possibles.
Caroline Callant.